L'église actuelle

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Suite à l'incendie de la première église le 8 novembre 1942 et au décès du Curé Leduc survenu le 11 novembre 1942.  La paroisse se retrouvait sans église, ni curé.  C'est au Curé Emile Sauvé, le successeur du Curé Jean-Baptiste Leduc, qui devra s'atteler à la tâche de construire une nouvelle église.  Il lui faudra veiller constamment à ce que l'architecture et les coûts de la construction soient conformes aux aspirations et aux ressources financières de la majorité.  Le 19 mai 1943, une requête signée par la majorité des francs tenanciers est adressée à Mgr Langlois le suppliant de les autoriser à ériger une nouvelle église.  Mgr Langlois approuve la démarche et déclare que l'église et la sacristie seront construites au pied de la colline, à l'est du presbytère, à une distance d'environ cent pieds du chemin du roi, le portail de ladite église tourné vers le nord. 

Le 8 août 1943, on procède à l'élection de trois Syndics, qui verront à la construction de cette nouvelle église, ce sont:  Messieurs Norbert Martel, Wilfrid Ménard et Hector Giraldeau.  Le 25 septembre, M. Norbert Martel est élu président des syndics et M. Théotime Martel est engagé comme secrétaire-trésorier.  À cette même assemblée, on embauche les architectes Paul & Ludger Lemieux pour la mise à exécution des plans et devis de la future église.

Selon Mgr Langlois, en tenant compte des ressources financières de la paroisse, l'on devra construire une église modeste et les coûts ne devront pas dépasser 60,000$

Le 6 avril 1944, M. le Curé Emile Sauvé décède suite à un accident survenu au passage à niveau près de l'église St-Michel-de-Vaudreuil.  Les paroissiens se retrouvent encore une fois privés de curé pour diriger la paroisse, c'est la consternation.

C'est l'Abbé Léonidas Béland qui succède au Curé Sauvé le 15 avril 1944.  Une bien lourde tâche l'attend.  Le 20 septembre 1944, on décide de confier à M. le Curé Béland le poste de secrétaire-trésorier des Syndics.  M. Théotime Martel deviendra assistant secrétaire-trésorier.  Lors de cette même assemblée, les plans et devis sont officiellement présentés aux Syndics par les architectes Lemieux, Messieurs les Syndics se voient dans l'obligation de refuser les plans car rien de ce qui avait été commandé au départ n'apparaissait sur l'épure.  Le coût du projet s'élevait à 150,000$.  On devra donc repartir à zéro et ce n'est que le 13 avril 1945 que Messieurs les Syndics et Monsieur le Curé Béland sont convoqués au bureau des architectes Lemieux afin d'étudier les nouveaux plans.  Ces plans sont finalement approuvés, on peut maintenant procéder aux soumissions.  Le 26 juillet 1945, on procède à l'ouverture des premières soumissions et elles ne sont pas concluantes.   Déçus, les Syndics décident à l'unanimité que le projet de construction soit reporté à l'année suivante.

Le 24 février 1946, suite à la suggestion de Mgr Langlois, Monsieur Béland propose aux Syndics de procéder d'abord à des soumissions pour les assises de la bâtisse en l'occurence:  les fondations, les planchers du sous-sol et de l'église et le système de chauffage.  Le sous-sol terminé, on pourrait, vers le mois de juillet 1946, demander de nouvelles soumissions pour la construction de l'édifice proprement dit.

M. le Curé Béland a procédé aux demandes de soumissions, conformément aux désirs formulés par les Syndics lors de l'assemblée du 24 février 1946.  Le 16 mars, à l'ouverture des soumissions pour le sous-sol de l'église, les Syndics acceptent la proposition de M. J.-E. Brazeau au montant de 32,700$.  On retiendra la soumission de M. Loyola Schmidt pour l'installation d'un système de chauffage à l'huile.  Monsieur Schmidt devra en plus fournir et installer le brûleur ainsi qu'un réservoir d'une capacité de 2,500 gallons.  Montant total:  4,300$.

En juin 1946, le sous-sol est terminé.  Étape suivante:  soumission pour la finition de l'église.  Coût d'érection prévu:  50,000$.  Tous les espoirs sont permis.  Il n'est pas trop optimiste d'envisager la fin des travaux pour la mi-octobre.  Puis, soudain, jeudi 11 juillet 1946, coup de théâtre.  Lors d'une assemblée mémorable tenue chez M. Théotime Martel, les Syndics, à l'unanimité, refusent de pousser plus loin le projet de construction.  Raison invoquée:  on trouve insuffisante la somme de 50,000$ pour compléter la construction de l'église.  Ce motif invoqué par les Syndics n'avait convaincu personne.  En consultant le livre des délibérations, il est aisé de conclure que l'opposition des Syndics était la conséquence directe de bouleversements antérieurs, dont ils se sont crus être les boucs émissaires.  Le projet fut mis en veilleuse de juin à septembre.  Au cours de l'été 1946, la nature s'était montrée particulièrement clémente.  On aurait pu en profiter pour accélérer les travaux d'édification.   Pendant ce temps, l'inflation entraînait des hausses de prix phénoménales.  Une église qui aurait pu être construite en 1942 au montant de 60,000$ atteindra en 1948 un coût de construction dépassant la somme de 150,000$, sacristie et ameublement compris.

Le 3 août 1947, Mgr J.-A. Langlois procède à la bénédiction de la pierre angulaire, en présence du curé de la paroisse, M. Léonidas Béland, de M. Adhémar Jeannotte, curé de Vaudreuil, de M. Henri Cuillerier, curé de Saint-Clet, de M. Edmour Laberge, curé des Cascades et de plusieurs autres membres du clergé.

Les levés des architectes Lemieux excluaient l'ameublement de l'église.  M. le Curé Béland, conseillé par M. Lafleur, entrepreneur de Valleyfield, verra à dresser lui-même et gratuitement, les plans des bancs, confessionnaux et armoires de l'église.  Le contrat, alloué aux entrepreneurs Leduc & Lafleur de Valleyfield, atteindra un montant de 7,620$.  Dans le but de défrayer ces travaux, la Fabrique de Saint-Lazare se propose de faire un emprunt de 8,000$ sous forme de débentures.  La résolution est adoptée le 11 avril 1948.

Dix heures, 19 juillet 1948.  Pour le curé et les paroissiens de Saint-Lazare, la joie et le contentement atteignent leur apogée.  Après des années de déconvenues et de dures luttes, on assiste enfin au couronnement d'une oeuvre dont certaines phases d'exécution rejoignirent parfois l'héroïsme.  Avec toute la pompe et le faste de rigueur en ce jour, Monseigneur J.-Alfred Langlois préside à la bénédiction officielle de la nouvelle église de Saint-Lazare.  Se sont joints au curé et aux paroissiens de Saint-Lazare de nombreux dignitaires civils et ecclésiastiques, ainsi que plusieurs citoyens des environs.

Après la bénédiction, une grand-messe solennelle fut célébrée par le Révérend Père Louis-Joseph Lefebvre, c.s.v., supérieur du Collège Bourget de Rigaud, assisté de Monsieur l'Abbé Alfred Sauvé et du Révérend Père René Castonguay, enfant de la paroisse.

La nouvelle église, de style moderne, est construite entièrement à l'épreuve du feu.  Contrairement à la première église, dont la nef longeait la route et dont l'entrée était située vers l'est, elle est érigée face au chemin principal.

Extrait du livre "Quand le passé se fait présent 1875-1987"
écrit par Flore Bouchard-Lauzon

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